Nous vivons entourés d’opinions. Sur tout, tout le temps, chacun a un avis, et le nôtre se forme souvent par contagion, par réaction, par fatigue. Dans ce brouhaha, une question discrète persiste : au milieu de tout ce que je crois penser, qu’est-ce qui est vraiment mien ?
Vérité n’est pas opinion
L’opinion se discute, se négocie, se change au gré des arguments. La vérité dont parle la psychanalyse est d’un autre ordre. Elle ne se mesure pas à l’exactitude des faits, mais à ce qui, en nous, ne ment pas et même quand nous le voudrions.
Car nous savons souvent des choses que nous refusons de savoir. Une gêne inexplicable, une larme qui surgit « sans raison », une colère disproportionnée : autant de signaux d’une vérité qui cherche à se dire, et que le discours bien rangé recouvre.
Ce qui parle malgré nous
Le lapsus, l’oubli, l’acte manqué, le rêve : Freud y voyait les voies royales d’une vérité subjective. On dit un mot pour un autre, et c’est justement l’autre mot qui était vrai. On « oublie » un rendez-vous qu’au fond on redoutait. Le sujet parle au-delà de ce qu’il croit dire.
Lacan poussait l’idée jusqu’au paradoxe : on dit toujours la vérité, mais jamais toute, parce que les mots manquent pour la dire entièrement. La vérité ne se possède pas comme un objet ; elle se laisse entrevoir, par éclats, dans les ratés du discours.
Reconnaître la sienne
À quoi reconnaît-on alors sa propre vérité ? Souvent à un effet de soulagement ou de saisissement : quelque chose se dit, et l’on sent que « c’était ça », sans pouvoir totalement l’expliquer. Le corps se détend, ou au contraire une émotion monte. Une parole, longtemps tue, trouve enfin sa place.
C’est précisément le travail d’une cure : non pas fournir des réponses justes, mais créer les conditions où cette vérité-là, la vôtre, pas celle des autres, peut se dire et être entendue. Elle ne vous rendra pas infaillible. Elle vous rendra un peu plus présent à vous-même.
Si vous avez le sentiment de vous être perdu dans les avis et les attentes, votre parole peut retrouver son fil. Écrivez-moi pour en parler.
Cet article est un texte de réflexion et ne se substitue à aucun avis médical ou psychologique.
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